La France a peur
La nuit était tombée depuis quelques heures déjà, ils sont passés en me regardant, à quatre dans leur voiture banalisée, je n’ai pas tout de suite compris malgré les cagoules. Ce n’est qu’après avoir vu la camionnette avec l’insigne "Police" qui suivait cette voiture que j’ai compris, la France a peur.

Comprenez que cette peur est compréhensible au vu de la crise de violence inexorable que connaît le pays, les Français ont peur de s’endormir et de retrouver le lendemain leur voiture brûlée. Comprenez que l’assurance ne rembourse qu’une petite partie de l’engin si cher pour le porte-monnaie de l’ancien propriétaire, aujourd’hui insurgé contre tant de véhémences. Comprenez que ces mouvements excuseraient, ou au moins, justifieraient pour beaucoup de futures mesures radicales prises par le gouvernement.
Comprenez aussi qu’habitant une ville censée être dévastée par ces ravages, je n’ai pu apprendre que la France était en crise qu’après l’avoir entendu à la radio, et ce, plus d’une semaine après le prétendu début des hostilités. Comprenez, comprenez qu’il n’y a rien à comprendre.